13 octobre 2008
:: la robe ::
il fallait bien un petit billet aujourd'hui.
parce que j'ai enfilé ce matin une robe, noire, en maille. une robe un peu près du corps.
et même si je change des couches, mouche des nez qui coule, m'accroupis pour faire une tour avec des cubes uncle goose, je me sens femme. un corps de femme qui ne se cache plus derrière les nombreux petits qu'il a portés. sans les renier. une allure de femme, qui concède aujourd'hui au confort du quotidien des talons, certes peu pratiques pour courir quatre à quatre dans les escaliers pour vérifier que les cris au premier étage n'annoncent pas une mort imminente par ko. mais des talons qui font de bien plus jolis mollets galbés que des ballerines plates. un visage de femme, aux yeux un peu cernés par le coucher tardif pour finir la vaisselle, repasser une chemise, préparer les lunch-boxes pour le lendemain, mais un visage de femme un peu maquillé, les cils ourlés de noir profond et les lèvres irisées par un gloss discret.
dans le film de ma vie, je suis une femme élégante,pleine de grâce et de charme. pas trop ni pas assez. juste ce qu'il faut pour avoir du style.
aujourd'hui, je m'entraîne...
c'est magique le pouvoir d'une robe. essayez...
09 octobre 2008
:: ce matin ::
il faudra me croire sur parole. je n'ai aucune preuve à l'appui.
des meringues au sirop de violettes dont la recette a été donnée là se préparent dans le four pour mon thé du retour de l'école. vers 16h00. le même thé que la dame aux meringues.
j'ai coupé ce matin dans le jardin quelques têtes d'hortensia roses pour les faire sécher.
le soleil brille aujourd'hui sur les feuilles jaunes des marronniers, et réchauffe d'une douce lumière les murs blanc crême de mon salon.
misterx. a passé hier la soirée à la maison, entre les cornouailles et barcelone, et que c'était doux de l'accueillir dans notre maison en milieu de semaine, et de se parler... comme les amis les plus chers... et de projeter pour samedi soir une soirée d'amoureux de 15 ans... et pour le printemps prochain un petit mini potager...
je porte une tunique parme, des leggings, et aussi un très joli gilet gris perle acheté en excellente compagnie. et même des ballerines. et j'ai passé autour demon cou un long collier en (fausses) perles auquel babette aime beaucoup s'agripper.
je viens de prendre ma première commande pour des tuniques de dame.
je suis gaie comme un pinson.
j'ai posé chez le photographe de quoi faire tirer des photos de deux derniers mois, et je sais que j'aurai le coeur battant en ouvrant la pochette demain matin, même si je les ai déjà vues sur mon écran.
08 octobre 2008
:: ce que je voulais te dire ::
je me souviens de cette approche timide sous le ciel noir d'une nuit provençale.
je me souviens de nos mains s'approchant doucement l'une de l'autre, unpas en avant, un pas en arrière, glissant sur la table en bois du pub, entre les verres de bière de l'happy hour.
je me souviens de mes 19 ans et de tes 21 ans. pas comme si c'était hier. il s'est passé trop de choses depuis pour que je n'ai pas eu un peu de mal à recontacter ses premiers moments de notre histoire vieille de 15 ans, à ressentir ce frisson des premières fois avec toi, des possibles et des espoirs, du pas de deux engagé qui ne s'est pas interrompu.
ce que je voulais te dire, c'est combien j'aimais nos dialogues et notre correspondance, notre apprivoisement, le grand déballage de nos rêves qui trouvaient une toile commune. tes rêves, les miens, et puis les nôtres au milieu.
aujourd'hui le temps nous prend. et puis les enfants. et ce travail que tu aimes tant.
ce que je voulais te dire, c'est que j'aurais besoin que nous prenions le temps de continuer à être des amis. aussi.
23 septembre 2008
:: les cheveux ::
sur le chemin de l'école, je pousse la petite dernière. bébé baillant, chemin faisant, une jeune femme sort de sa voiture.
sur le trottoir elle pose à ses pieds son sac à main. relève les bras. attrappe deux pinces qui retiennent ses cheveux longs et roux. cheveux souples couleur d'écureuil. une pince, une mèche, une autre pince, une autre mèche. ses mains soulèvent et tournicotent. et en tour de passe-passe qui me fige, la voilà habillée d'un chic chignon.
elle se baisse, reprend son sac, le passe autour de son épaule. et le pas léger dans ses ballerines, reprend sa route.
sur le chemin de l'école, poussant mon bébé, mes cheveux courts et blonds se dressent avec le vent. d'une main je tente d'aplatir une mèche. mes converse grises sont lourdes. j'ai chaud. je retiens comme je peux le sac du goûter des enfants qui glisse sur ma manche.
19 juin 2008
:: petit moment #2 : la sieste ::
moment de grâce.
le bébé dort sur la canapé. tout pelotonné sous une couverture.
dans la maison règne le calme. on entend les oiseaux dehors, la pluie encore. les tâches ménagères sont déclarées finies pour le moment. avant de reprendre plus tard en fin d'après midi.
sur la table basse, du thé de pâques, un livre de broderie, des fils et du lin. en ce moment j'ai envie de monogrammes, de linge de maison. et d'armoires aux piles impeccables qui sentent la lavande. j'ai envie d'une maison de famille. je l'ai dit à mister x., qui a ri en disant qu'en ce qui concernait la famille, j'avais tout ce qu'il fallait sous la main. oui mais l'ambiance! "tu trouves qu'il n'y a pas assez d'ambiance?!". bon... je dois mal m'exprimer... des pots de confiture maison, des gâteaux frais du matin pour le goûter, des grands doubles rideaux...
en bande-son, feist, puis des petits motets de lully dirigés par william christie. de quoi s'évader par l'esprit. et imaginer une maison de famille. ce que ça serait pour moi. une maison à la campagne? imaginer un monde, l'esprit au repos, les mains butinant doucement.
il reste 1 heure avant de commencer à penser à aller chercher les grands. une heure, une éternité!
12 juin 2008
:: petit moment #1 : le lever ::
ma fille était contre moi. les bras posés sur le drap et encadrant sa petite tête, comme le font tous les nouveaux-nés lorsqu'ils dorment à poing fermé.
sur son menton, elle gardait une pellicule blanche formée par le lait de la nuit qui avait trop coulé.
ma petite fille tout contre moi, son odeur de bébé et mon odeur de femme, mélées.
doucement je me suis décollée d'elle et me suis glissée hors du lit, abandonnant la chaleur de la couette.
les oiseaux chantaient le premier paragraphe du jour. j'ai vu que la pluie continuait de couler.
à petits pas de souris, j'ai quitté la chambre et l'étage du repos pour rejoindre seule la cuisine et l'éveil.
un premier café dans le calme, près du chien dont il faut calmer l'ardeur des retrouvailles du matin. une première respiration solitaire. faire sortir l'air de la nuit, se remplir de l'énergie nouvelle pour la journée.
sur la table de bois, griffée par le temps, les couteaux, les enfants, ma tasse de porcelaine anglaise à motifs rouge passé. offerte par maman lorsque j'étais venue m'installer à paris dans ma chambre de bonne. ma tasse félée, ébréchée, qu'il faudra un jour remplacer.
petit moment extraordinaire de la vie ordinaire - d'une mère.
< noter ces petits instants de grâce du quotidien, pour continuer d'avancer sereinement, et goûter à ce que la vie offre de simple, sans fioriture.
je ne suis douée pour rien de particulier, j'admire celles et ceux qui ont un charisme spécial. mais si je ne peux être une artiste, je veux être la créatrice de ma vie, toujours davantage. >


